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Alcool et drogues au volant : des dépistages dissuasifs
Chaque semaine, très souvent à cause de l’alcool, 24 jeunes de 15 à 24 ans se tuent sur la route ; plus de 200 sont gravement blessés et en gardent des séquelles à vie. Face à ce constat, l’association Prévention routière a récemment demandé aux pouvoirs publics que «la lutte contre l’alcool au volant soit conduite avec la même détermination que celle menée ces dernières années contre la vitesse». La même volonté prévaut du côté de l’usage des stupéfiants, impliqué également dans de nombreux accidents. On estime en effet que le nombre de victimes imputable au cannabis serait de l’ordre de 230 tués par an sur les routes, dont une grande part de moins de 25 ans. Le risque d’être responsable d’un accident mortel serait multiplié par 1,8 pour les conducteurs sous influence du cannabis et par 14 pour les conducteurs positifs à la fois au cannabis et à l’alcool. Pour lutter contre ces comportements à risques, de nouveaux dispositifs ont été mis en place, ou sont en passe de l’être.
Éthylotest dans les boîtes de nuit. Les jeunes n’ont pas toujours conscience de leur état d’ébriété lorsqu’ils sortent de boîte de nuit. Certains se sentent en pleine forme pour conduire, alors que leurs capacités d’attention et de réflexes sont en réalité très réduites par leur taux d’alcoolémie. C’est pourquoi, il est désormais fait obligation à ces établissements où prévalent la fête, mais aussi l’usage d’alcool, de s’équiper d’un éthylotest électronique, facile d’accès, que chaque client peut utiliser gratuitement pour tester sa capacité à reprendre le volant (soit une alcoolémie inférieure à 0,5 g/l dans le sang ou 0,25 mg/l dans l’air expiré).
Éthylotest « anti démarrage ». Dès septembre 2009, tous les cars de transports d’enfants devront être équipés d’un éthylotest « anti-démarrage ». Ce dispositif existe déjà dans les pays nordiques comme la Suède et est très approuvé par la population. Mais qu’en est-il pour les particuliers ? Dans la région d’Annecy (Haute-Savoie), cette mesure a été testée comme alternative aux poursuites. Plutôt qu’infliger une suspension de permis et une lourde amende à des conducteurs contrôlés positifs à l’alcootest, il leur a été proposé d’équiper (à leurs frais) leur voiture d’un éthylotest « anti-démarrage » et de suivre un stage de sensibilisation aux dangers de l’alcool. « Parmi les 200 personnes concernées, aucune n’a récidivé et toutes ont pris conscience du problème », souligne Pierre Gustin, délégué général de l’association Prévention routière. Fort de cette expérience, le gouvernement envisage d’aller plus loin. D’ici 2009, ce dispositif pourrait non seulement être une alternative aux poursuites, mais également constituer une peine complémentaire. Ainsi, une personne dont le permis a été suspendu, serait autorisée à reprendre le volant qu’à condition d’équiper son véhicule d’un tel dispositif.
Test salivaire « cannabis et autres stupéfiants ». L’association Prévention Routière attendait depuis plusieurs années la mise en place d’un dispositif de dépistage "instantané" des drogues, à l’instar de l’éthylotest pour l’alcool. Ce dispositif facile d’emploi, consiste à recueillir à l’aide d’une languette un peu de salive du conducteur. Il suffit de quelques minutes pour voir la couleur changer si des traces de drogues sont détectées. Si ce contrôle s’avère positif, d’autres analyses (urine + sang) doivent toutefois être pratiquées pour confirmer le test et constituer l’infraction. Jusqu’à présent, les forces de l’ordre ne pouvaient procéder qu’à des tests urinaires, ce qui était compliqué. Désormais, les conducteurs peuvent s’attendre à subir un test beaucoup plus fréquemment, ce qui doit les inciter à réfléchir.
Tests comportementaux de dépistage de l’usage de drogue. Ne vous étonnez pas si, à l’avenir, un policier vous demande de sortir de votre voiture, de fermer les yeux, de vous tenir sur une jambe ou encore de pencher la tête en arrière en mettant les bras en avant, et qu’il examine votre pupille à la lumière d’une lampe... C’est tout simplement qu’il aura été formé aux nouvelles techniques de tests « comportementaux antidrogues ». En cas de suspicion d’usage de stupéfiant, vous serez soumis à un test salivaire. Ces techniques ont déjà fait leurs preuves en Allemagne. En France, elles ont été testées en Moselle, avec succès. Elles pourraient donc être généralisées en 2009/2010, le temps de former les forces de l’ordre à cette pratique.
Interdiction de vente d’alcool dans les débits de carburant. Certaines stations-service constituent le lieu de ravitaillement privilégié des jeunes en alcool, aux heures tardives de la nuit. Bientôt, cela ne sera plus possible. En effet, dans un avenir proche, un texte leur interdira de vendre des boissons alcoolisées.
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